Balade
didactique – Train Lavaux Panoramic
Les caveaux et La Pinte ferment à minuit
Conférence de Olivier Robert
Le samedi 5 juin 2010 de 15h30 à 16h30 à la salle Pro
Arte
L'Opérette ou l'art du scandale
Spectacle populaire par essence, l'opérette — qui est à l'opéra ce que
la blondinette est à la blonde — naît au milieu du 19ème siècle.
Spectacle typiquement français, «fille de l'opéra-comique ayant mal
tourné» comme le disait Saint-Saëns, ses agréments lui permettent
d'être rapidement récupérée par les classes bourgeoises qui viennent
s'y encanailler à partir de l'Exposition universelle de Paris de 1864.
«Je veux m'en fourrer jusque là» disait déjà un certain baron suédois
chez Offenbach avant d'être plagié par l'équipe des Bronzés. La
trivialité de certains propos, les chassés croisés sur fond d'adultère,
très éloignés des minauderies de dieux et des «actes de dindes»
saturant les plateaux d'opéra, conduisent les tenants d'une moralité
judéo-chrétienne, teintée de fragrances calvinistes, à vouer le genre
aux gémonies. Aujourd'hui, ce qui choquait nos anciens semble bien
anodin, tandis que surgissent de nouveaux tabous à l'époque ignorés…
«Amélie et son Negro furent méli-mélo… et chipant le jargon de son
négrillon elle criait dans le noir: Y a bon» chantait Michel Simon en
1934 dans Le Bonheur, Mesdames d'Henri Christiné, suscitant le scandale
en… 2006 et fabriquant une véritable bombinette à retardement.
Olivier Robert est historien et musicologue.